Violette Djidjoho : « Le pouvoir c’est l’action »

Directrice financière et du développement d’un des plus grands groupes de holding du Bénin, Violette Djodjoho est également Secrétaire Générale du Patronat du Bénin et Présidente du Conseil d’Administration de la Générale des Assurances du Bénin. Elle est au coeur des décisions, près du patronat et dans les arcanes du pouvoir.

Violette Djidjoho

« Le pouvoir c’est l’action »

 

Puissance, capacité d’agir, autorité et influence

Pour Violette Djodjoho, le pouvoir est à la fois une forme de puissance, une capacité à agir et à faire bouger les lignes, et l’autorité. C’est l’autorité de faire et l’autorité de faire faire. Ce à quoi elle ajoute une touche d’influence : l’influence que l’on peut exercer sur sa communauté, son environnement, ses pairs, pour arriver à faire valoir des éléments de volontés personnels.

Dans l’espace personnel les choses ne se traduisent pas sous forme de pouvoir ou dans des rapports de force : c’est l’espace familial, laissant naturellement place à la convivialité, la bonne entente et les compromis.

Dans le monde entrepreneurial, il faut savoir prendre des décisions : ne pas en prendre équivaut à  laisser un problème pourrir. La prise de décision et la capacité de le faire sont des éléments essentiels et intrinsèques au pouvoir.

 

Il faut être crainte, mais pas redoutée

Quand est-il alors de la prise de décision par une femme ? “Il faut être soi-même” conseille Violette Djodjoho, “il ne faut pas trop en faire”. Elle insiste sur le fait de savoir se faire respecter lorsque l’on est une femme, ajoutant la nécessité d’être crainte, mais sans être redoutée. Une femme qui réussit est une femme qui doit savoir rester maternelle, proche des gens, empathique. La rigueur dans la prise de décision doit aussi être présente : “on ne doit pas sentir qu’il y a une différence selon si c’est une femme ou un homme qui a pris la décision”.

Préserver l’équilibre entre le cercle familial et professionnel est simple, “mais ça ne dépend pas que de vous”. Le rôle du conjoint est important, la façon d’organiser le quotidien également. Il faut parvenir à aménager des périodes “où l’on s’évade”. De la compréhension, du soutien et de l’organisation : telle est sa recette personnelle pour mener à bien une carrière aux nombreuses responsabilités. L’unique sacrifice dû à ses obligations professionnelles dont elle pourrait véritablement parler comme tel serait le manque de temps à passer à discuter avec ses parents.

 

Pour créer des emplois, il faut des entreprises

Face au problème du chômage et de l’emploi des jeunes, Violette Djidjoho invite à prendre le problème à l’envers : pour créer des emplois, il faut des entreprises. Et c’est dans ce sens qu’elle conseillerait de créer un environnement favorable à la création d’entreprise et propice aux affaires. Dans le cas du Bénin par exemple, il est nécessaire de régler la question énergétique : une entreprise sans énergie ne peut rien faire.

 

Savoir, prévoir et pouvoir

Pour Violette Djidjoho, les deux axes principaux qui permettraient de changer les choses au Bénin sont l’éducation et la santé. Elle explique ceci : “C’est l’homme qui est au coeur de l’action, c’est le premier moteur de développement. Il a la capacité d’anticiper, de prévoir. Il a la volonté d’agir.” Il faut donner à l’homme la possibilité d’être en état de pouvoir le faire.

Son côté pragmatique s’illustre à travers cette courte phrase d’Auguste Comte qu’elle s’est appropriée : “Savoir, prévoir et pouvoir”. Elle y voit les trois axes principaux de la vie.

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