Raina Lampkins Fielder : Le pouvoir c’est des choix

Raina Lampkins Fielder

 

« Le pouvoir c’est des choix »

 

Directrice artistique de Mona Bismarck American Center, elle travaille de par ses activités sur les questions de patrimoine culturel, d’échanges et sur l’influence des environnements culturels entre la France et les Etats Unis. Elle est pour sa part dans un espace de pouvoir culturel. Sa vision du pouvoir est justement axée sur l’influence, l’échange des idées, les moyens d’expression, notamment à travers l’art.

 

Eviter l’influence des autres est pour elle une forme de pouvoir essentielle à posséder personnellement afin de ne pas être trop impactée par son environnement. Quelle est la différence entre le pouvoir dans un espace personnel et collectif ? Ce sont les intérêts qui changent.

 

Le pouvoir est un homme, blanc, chrétien

Les différences de l’exercice du pouvoir que l’on soit un homme ou une femme sont plurielles car elles reflètent un certain nombre de normes françaises, d’idées reçues. L’image du pouvoir n’est pas nécessairement féminine, ni noire, ni musulmane ajoute-t-elle. Le pouvoir est représenté par un homme, blanc, chrétien. C’est la norme. L’homme n’a pas besoin de justifier sa présence, sa position, son pouvoir, par ses actes. On ne lui demande pas ce qu’il fait là, qu’a-t-il fait ? La femme quant à elle doit souvent fournir des explications et surtout travailler plus dur. Néanmoins, les femmes sont fortes et savent se débrouiller.

 

Elle se sent chanceuse de travailler dans le monde de l’art car cela lui permet d’inclure ses enfants dans son univers. Elle a trois enfants et il n’est pas toujours facile de les voir tous les soirs. Elle doit pour cela trouver l’équilibre entre sa famille et le travail.

 

L’art peut changer le monde

L’art est une forme d’expression permettant non seulement de lutter contre la discrimination mais aussi favoriser la diversité. Est-il possible de se servir davantage de l’art pour créer des passerelles, des ponts entre les communautés pour mieux vivre ensemble ?

 

Pour Raina, la réponse est oui. L’art peut changer le monde. L’environnement artistique permet de jouer avec les questions, même les plus problématiques, dans un cadre que l’on pourrait comparer à un abri. Les espaces artistiques sont des abris nous permettant de rêver, de questionner, expérimenter. Aux Etats Unis, les opportunités de créer ces ponts entre les communautés sont plus nombreuses qu’en France où l’idée de communauté a un sens davantage péjoratif. Aux Etats Unis, parler de communauté est juste “un détail de la conversation”. Il est important de s’adresser à tout le monde, de ne pas ignorer certaines parties de société, et l’art justement répond à la société, il s’adresse au public.

 

Tout est là, le cerveau est l’objet le plus puissant

Ce qui représente à ses yeux à la fois le pouvoir et la féminité, c’est le cerveau, en l’occurrence le sien qui lui permet de naviguer à travers son imagination et ses convictions. “Tout est là, c’est l’objet le plus puissant”. Elle note tous les petits détails qui retiennent son attention au quotidien dans un cahier, pour s’en servir de source d’inspiration pour ses projets à venir. Les idées sont pour elles un véritable vecteur de création et donc une forme de pouvoir au féminin.

 

“I contain multitudes”

C’est une citation du poète Whitman. Elle est incroyablement puissante car cela nous permet de reconnaître que nous ne sommes pas une seule chose. Nous sommes plusieurs choses à la fois, nous sommes tellement plus complexes que ce que nous imaginons en réalité. Ce sont toutes nos contradictions qui font de nous un être humain, et quelqu’un exceptionnel.

 

Pour Raina, le plus important est de se comprendre soi-même, d’écouter sa voix intérieure, comprendre que les choses ne sont pas immuables et que tout peut changer.

 

Voir l’intégralité de l’entretien avec Raina Lampkins Fielder pour Femme et Pouvoir :

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