Marie-Elise Gbedo : »Le pouvoir c’est porter sur ses épaules les espoirs d’un peuple »

Marie-Elise Gbedo

 

Le pouvoir c’est porter sur ses épaules les espoirs d’un peuple

 

Marie-Elise Gbedo est une pionnière, une avant-gardiste. Première femme candidate à l’élection présidentielle du Bénin, elle a contribué au changement de la constitution sur les Droits de la Femme et de la Famille, et a été plusieurs fois ministres au sein du gouvernement béninois. Elle porte naturellement en elle une vision concrète du pouvoir de par sa propre expérience dans le monde politique.

 

Ne pas chercher à travailler « comme une femme »

Sa vision du pouvoir est large, large comme les épaules qu’il faut pour porter les espoirs de tout un peuple. Car c’est cela le pouvoir pour elle : la capacité de porter les espoirs de toute une population, de toute une société. Large aussi car le pouvoir embrasse de nombreux champs d’activités et il faut avoir cette capacité de poser des actes forts pour impacter son environnement. Le pouvoir c’est fédérer autour de soi le rêve qu’on a pour soi, mais surtout pour les autres.

Elle ne croit pas nécessairement en une différence entre hommes et femmes dans la manière d’exercer le pouvoir. De par son expérience en tant que Ministre de la Justice notamment, elle ne se souvient pas s’être fait la réflexion de rechercher “à travailler comme une femme”. Elle se positionne avant tout comme citoyenne. Et lorsqu’il s’agit de la Nation, “il n’y a pas de femmes, nous sommes asexués”. C’est la mission qui lui a été confiée qui compte et elle se doit de la réussir, quel que soit son état civil.

 

Obtenir l’adhésion des proches

Ses nombreux engagements, qu’ils aient été professionnels, politiques ou associatifs ont pris et prennent une grande place dans sa vie et pourtant, elle ne considère pas ses choix comme des sacrifices. Elle considère qu’elle a amené sa famille à comprendre ses actions. Elle a réussi à obtenir l’adhésion de ses proches autour de sa volonté de se présenter aux élections présidentielles, même si au départ il y eut de l’incompréhension. Chacun, dit-elle, s’est senti concerné ce qu’elle avait décidé de réaliser : elle avait des projets, des rêves pour son pays.

 

Les jeunes filles doivent savoir ce qu’elles veulent réaliser et ne doivent pas attendre qu’on leur donne la permission. C’est souvent en demandant l’avis des autres que l’on finit par abandonner ses projets, ses rêves. Il faut s’engager, pour soi-même et pour la communauté, donner corps à ses rêves.

 

Le son du tam-tam a changé

On a longtemps cru qu’il suffisait d’aller à l’université et d’obtenir un diplôme pour trouver ensuite sa place, son emploi. “Voilà que tout a changé. Le son du tam-tam a changé, il faut donc changer son pas de danse”. Aujourd’hui on se tourne davantage vers l’auto-emploi, c’est le chemin sur lequel il faut diriger les plus jeunes car ils font et vont faire à ces changements.

 

“Ton travail est ton premier mari”

Marie-Elise Gbedo garde toujours avec elle une photo de sa maman, qu’elle a perdu lorsqu’elle avait 20 ans, et qui depuis ne la quitte. Sa mère était sage-femme, elle avait fait ses études au Sénégal. Lorsqu’elle était adolescente, l’âge des premiers amours, sa mère lui répétait : “Marie-Elise, n’oublie jamais : tu t’accroches à tes études, parce que ton travail est ton premier mari. Un homme t’abandonnera, mais ton travail ne t’abandonnera jamais.

Divorcée, avocate, rêvant de devenir Présidente de la République de son pays, elle confirme : “Et bien voilà ! On y est !”

Consciente de son influence au Bénin, elle inspire de nombreux petits garçons et petites filles qui rêvent de lui ressembler. Aux filles elle souhaite leur dire : “Vous êtes capables, au même titre  que les hommes de soulever des montagnes. On a un seul et même cerveau, donc vous en êtes aussi capables !”

 

Voir l’intégralité de l’entretien avec Marie-Elise Gbedo pour Femme et Pouvoir :

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