Esther Kamatari – « Le pouvoir c’est la transmission »

Interview Esther Kamatari

Esther Kamatari est membre de la famille royale du Burundi, de la dynastie Ganwa, exilée en France. Après une carrière internationale de top model, elle s’engage dans l’action humanitaire pour les femmes et les orphelins de son pays. Elle est auteur du livre « Princesse des Rugo. Mon histoire ». Elle a été choisie par le mouvement Abahuza (« rassembler » en kirundi) pour le représenter au Burundi lors des élections législatives, et communales de juillet 2005 et présidentielle d’août 2005. Elle est depuis 2008 conseillère municipale en France, à Boulogne-Billancourt, chargée de la solidarité internationale. Depuis 2010, en partenariat avec la Ville de Montfermeil et le groupe LVMH, elle anime des Masters Class pour valoriser les talents issus de la diversité dans le mannequinat, la mode et la création. En 2015, elle devient ambassadrice de la maison Guerlain. De ses deux mariages, elle a eu trois enfants.

Princesse Esther Kamatari

Ambassadrice Guerlain

« Le pouvoir c’est la transmission »

Née dans une dynastie au pouvoir au Burundi depuis plusieurs siècles, la princesse Esther Kamatari en a une conception qui repose sur la transmission. Mais il s’agit beaucoup moins d’une transmission génétique que d’une élévation vers la beauté et la bonté, fruits d’une éduction exigeante.

 

Surtout ne pas faire revenir la reine Ririkonotima

Portrait de la Reine Ririkonotima, une femme, Reine, dans un pays d’hommes.

Pour la princesse Esther Kamatari, il n’y a pas de différence entre l’exercice du pouvoir par les hommes ou par les femmes. Ce sont plutôt les valeurs qui sont en question. La reine Ririkonotima était la grand-mère d’Esther. Elle a exercé la régence pendant plusieurs années, elle une femme dans un pays d’homme. Elle a laissé un souvenir si terrible que personne n’ose prononcer son nom de peur qu’elle revienne…

 

Les coqs qui chantent ont tous été des œufs

Que l’on soit femme ou homme, ce sont donc les valeurs transmises par l’éducation qui permettent un exercice éclairé du pouvoir. Parmi ces valeurs, la beauté et la bonté sont celles qui sont les plus chères au cœur de la princesse, et elle a aujourd’hui décidé d’être une des rares personnes à se consacrer à la transmission de « l’art du beau ». C’est pour elle une discipline quotidienne, qui peut aller jusqu’à interpeller une inconnue dont le maquillage qui portait un maquillage pas adapté à sa pigmentation, « pour la conseiller, la rendre mieux, plus belle, plus fière ». Elle accorde une place particulière à l’éducation, car n’oublions pas que  » tous les coqs qui chantent aujourd’hui, ont tous été hier des œufs ». Ce qu’ils sont devenus, ils le doivent à leur éducation.

 

La reine, la mémoire et le sceau

Interview Esther Kamatari femme pouvoir

L’éducation donne la sérénité, la beauté, l’élégance et la prestance qui sont des attributs du pouvoir. Un regard doux et fort impose le respect, comme celui de l’une de ses aïeules qui fut reine. Autre attribut, le parfum. « C’est le pouvoir de séduction, une conversation avec l’autre, une signature olfactive, une mémoire extraordinaire ». C’est une arme « dans le joli sens du mot » que chaque femme devrait avoir dans son sac. Une permanence qui signe une présence, même invisible. Enfin il y a les armes de sa famille, ses armoiries, son sceau « qui représente mon histoire et symbolise le pouvoir ». Ici aussi il s’agit de signature, de celles qui font foi au bas d’un acte et régissent la vie d’une population.

 

Le sacrifice des hommes

Etre une femme de pouvoir entraîne-t-il des sacrifices ? « Les hommes aussi doivent se sacrifier » répond la princesse. Le mot de sacrifice lui paraît trop fort.  » L’époque a changé, les femmes font leurs enfants plus tard, les moyens sont là pour organiser leur vie de famille, les hommes participent à l’éducation de leurs enfants ». L’important est d’être déterminé à obtenir ce qu’on veut. « Dans l’année il y a 365 jours, mais un seul compte. Celui d’hier ne reviendra pas. Demain, il ne faut pas trop le crier, car on ne sait pas de quoi il sera fait. Il reste encore aujourd’hui dont il faut savoir profiter ».

 

Voir l’intégralité de l’entretien d’Esther Kamatari pour Femme et Pouvoir :

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