Cécile Duflot : « Le pouvoir c’est décider dans le souci de l’autre »

Diplômée de l’ESSEC, Cécile Duflot commence sa carrière comme dirigeant dans un groupe immobilier. Elle embrasse ensuite une carrière politique où elle est successivement secrétaire nationale des Verts, conseillère régionale d’Ile de France, secrétaire nationale d’Europe Ecologie Les Verts, ministre de l’égalité des territoires et du logement,députée de la 6ème circonscription de Paris. Cécile Duflot est mère de quatre enfants.

 

Cécile Duflot

Députée 6e circonscription de Paris EELV Ancienne Ministre du Développement Durable

“Le pouvoir, c’est décider dans le souci de l’autre.”

Elle a appris l’exercice du pouvoir à la dure, et c’est ce qui fait d’elle une femme décidée à ne rien sacrifier. S’il lui faut faire des choix, Cécile Duflot entend bien ne pas faire de concessions. Mais cette détermination n’empêche pas son souci de l’autre, et une façon très collective d’exercer le pouvoir.

Allaiter en Comité Exécutif

Cécile Duflot veut tout : une carrière, un amoureux, des enfants. Pas question de se sacrifier, et de faire sentir ensuite à ses enfants la culpabilité de ce qu’elle n’aurait pas pu faire à cause d’eux. « Comme j’ai repris le travail tôt après la naissance de ma dernière fille, je l’amenais au travail avec moi, et je présidais les réunions en allaitant », dit-elle avec un grand sourire. « Ma fille a été dans les bras de tous les membres de la Direction ».

Une bague en guise de moyen mémotechnique pour se souvenir qu’elle doit “être libre comme un petit nuage”.

Des choix, mais pas de concession

Il lui a parfois fallu faire des choix, comme lorsqu’il y a cinq ans elle ne s’est pas présentée à l’élection présidentielle parce que sa fille était toute petite.

Mais elle réagit vivement lorsqu’on lui pose l’inévitable question de la préservation de l’équilibre entre sa vie privée et sa vie professionnelle. « Est-ce qu’on pose cette question à un homme ?

Un homme de 40 ans avec 4 enfants, c’est un homme équilibré, stable, avec une femme qui doit assurer. Une femme dans cette situation ? On n’y voit que des problèmes ! ».

Lutter contre la culpabilité sociale latente

Un des éléments qui met à mal les femmes qui exercent le pouvoir est la culpabilité sociale latente qu’elles peuvent être amenées à ressentir, culpabilité qui prend racine dans ce regard répété que la société porte sur elles. Et le combat commence tôt. Le sien a débuté à 25 ans quand elle est arrivée à l’une de ses premières réunions de chantier, alors qu’elle exerçait ses premières responsabilités dans un groupe immobilier, milieu masculin par excellence où les hommes n’ont pas l’habitude d’être dirigés par des femmes.

L’apprentissage de la difficulté d’être une femme et d’avoir du pouvoir

L’un des participants laissa tomber : « On va peut-être attendre le patron avant de commencer », sans se rendre compte – ou accepter – que le patron, c’était elle. « Cela a changé mon caractère » dit-elle. Elle a fait sienne la devise d’Anne de Bretagne : « Qui qu’en grogne, ainsi sera ». Les gens peuvent grogner, les choses en seront ainsi, parce qu’elle l’a décidé.

Une conception collective de l’exercice du pouvoir

Sa détermination ne veut pas dire une conception solitaire de l’exercice du pouvoir.  » Je ne prends jamais une décision seule, j’écoute beaucoup, je discute, j’essaie de fixer plusieurs options, et puis à un moment, je choisis l’option la plus juste ». Le souci de l’autre en est une composante importante, car décider c’est « peser sur la vie de différentes personnes ». Le pouvoir pour elle, c’est aussi agir, avec une forte dimension responsable : « ne pas laisser glisser le monde sans avoir pris le temps de contempler ses beautés et de préparer son avenir ».

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